Reprendre des études après quelques années d’expérience professionnelle, trop tard ?
Nathalie ALBRIEUX, Promo 2005, (Agro, Paris)
Après une formation initiale d’ingénieur agronome (Agro, Paris) et un début de carrière dans le développement agricole en Afrique, j’ai travaillé dans un tout petit cabinet de conseil et d’études spécialisé dans le secteur agricole. Dans les TPE, on touche un peu à tout : outre des études marketing quantitatives, j’ai été chef de produit sur des sessions de formation professionnelle.
Après 4 années dans cette société, j’ai cherché à changer de poste. Je me suis heurtée, lors de ma recherche d’emploi, à une méconnaissance de mes compétences « acquises sur le tas » en marketing. Caricaturalement, pour les recruteurs, il faut un diplôme de marketing pour prétendre faire du marketing. Qu’à cela ne tienne, j’étais prête à passer un diplôme en marketing.
Pour ce faire, je pouvais :
soit continuer à travailler et passer une VAE (validation des acquis de l’expérience), qui n’était pas encore répandue, ou un diplôme en cours du soir, avec l’accord et l’appui de mon entreprise
soit m’arrêter de travailler pour reprendre une formation initiale.
En l’occurrence, ma société n’était pas favorable à mon projet de formation, et j’ai finalement bénéficié des allocations chômage pour financer cette année de formation.
Pourquoi s’arrêter 15 mois ? En plus de crédibiliser aux yeux des recruteurs mon expérience marketing, je voulais renforcer mes connaissances acquises « sur le tas », acquérir des outils, des méthodes et un vocabulaire marketing, m’ouvrir de nouvelles perspectives d’emploi. Ensuite je souhaitais prendre le temps de la réflexion et du recul sur mon expérience professionnelle et sur mes choix futurs. Et enfin pour le plaisir de travailler « pour soi », gratuitement !
La notoriété du Master Marketing de Paris-Dauphine a fait le reste, ainsi que le fait que ma candidature ait été retenue, évidemment...
Le Master Marketing m’a apporté une formation équilibrée entre études et marketing opérationnel. Dans les 2 branches, la professionnalisation est réelle, au travers de la mission d’étude, des nombreux cas pratiques et des interventions de professionnels. J’ai apprécié le fait que ce Master soit ancré dans la réalité des entreprises.
La rencontre avec des étudiants d’âges et de parcours différents, les échanges et l’ouverture qui en découlent m’ont également beaucoup apporté : si j’ai pu apporter une vision plus « interne à l’entreprise » lors des travaux de groupe, j’ai largement bénéficié des connaissances, peut-être théoriques mais solides, de condisciples ayant 4 années de marketing derrière eux.
Contrairement à mes craintes, je n’ai pas trouvé difficile de retourner sur les bancs de l’école, sauf peut-être au moment plus « basiquement scolaire » des partiels...
Aujourd’hui, le recul que m’a permis cette formation a nourri ma réflexion sur le rôle de la formation initiale et continue dans un parcours professionnel. J’ai pris conscience qu’il est important de se former tout au long de sa vie, et je m’apprête à rejoindre une société de formation continue.
Nathalie ALBRIEUX, Promo 2005